Une nouvelle chronique de Madame Bretrand,… C’est déjà qui celle-là ? Elle vous dit vaguement quelque chose c’est ça ? Ouais d’accord, mea culpa (oui j’ai fait des études Messieurs Dames), c’est vrai que ça fait vraiment une paie que je n’ai plus lâché ma verve sur ce blog dedieu. Ah désolée, ouais, vraiment, mais vous imaginez pas tout ce que j’ai vécu durant ces quelques semaines, même pas le temps de remettre en place ma gaine, de boire des verres de suze (oui oui, je vous jure), ni le temps de me faire ma permanente hebdomadaire. Le Festival m’a littéralement engloutie, me transportant dans son univers clos, féérique, extrême, riche en émotions, un sacré truc de toqués je vous dis ! Même que j’en perds mon vaudois, vous avez devant vous une Madame Bertrand chamboulée !
Retour au début du mois d’avril : déménagement pour Crans-Montana et démarrage de l’aventure sur les chapeaux de roues ! Une chouette équipée, partant comme une joyeuse colonie de vacances dans une voiture 9 places, puis dès Sion en file indienne de petites voitures labellisées Caprices jusqu’au Régent, lieu où tout allait se passer.
S’en sont suivis quatre jours intenses de travail, pour préparer cette édition de fous furieux. Longues heures parsemées de balades sur le site du festival qui se montait doucement mais sûrement, marchant dans les couloirs se construisant, reniflant l’odeur si spécifiques des tentes de festival, voyant se monter les scènes qui allaient accueillir tous ces petits artistes. Et bien sûr, travail durant la journée, mais petites fêtes durant les soirées également, à notre carnotzet préféré, tenu par la plantureuse Yvonne, ah Yvonne ! Ses jambes, son décolleté, son mari à la baguette, ses cheveux blonds, un pur bonheur, tous les gaillards avec nous en étaient amoureux, je vous l’assure ! Ces petits moments de détente nous ont bien ressourcés, histoire de se retrouver ensemble, tous totalement dépassés par cette aventure, coupés du monde et de son actualité… Quoi ? Une partie du gouvernement polonais est décédée dans un crash d’avion ? Un cargo fuit vers la grande barrière de corail ? Ah bon… Il y a autre chose dans la vie que le Caprices Festival ? Pour nous, le plus important, c’étaient les interviews à planifier, les artistes à conduire au festival, les staffs à accueillir, les billets à gérer, les VIP à cajoler : bref, une espèce de petit village, 850 forces réunies sans compter les heures pour créer un seul événement, et de quelle ampleur !
Et le 7 avril est venu, s’immiscant dans nos pensées, nos rêves, cette date qui paraissait si lointaine, si intouchable, si irréelle est tout à coup venue nous frapper en pleine face, nous mettant tous dans un état second ! Le sommeil, la fatigue physique, l’usure mentale, les besoins naturels du corps n’étaient que secondaires, tout ce qui comptait, c’est que ça roule pendant 4 jours, qu’importent le reste et nos envies ! Car ce que nous vivions était si positif que tous ces aléas de notre vie quotidienne ne semblaient plus si importants. Je parle pour moi-même, mais quand on partage des instants si uniques avec les journalises, les photographes, les bénévoles qui travaillent sans compter et qui nous permettent de magnifiques rencontres, les artistes généreux, les managers prenant garde à leurs protégés, la complicité qui
s’installe entre une petite équipe qui ne se connaissait de ni d’Eve ni d’Adam il y a 6 petits mois. Ah un Festival, comme je le disais dans un de mes posts précédents, ce n’est pas un travail comme un autre, ce ne sont pas des heures de bureau et hop c’est fini on rentre à la maison : c’est un effort surhumain (car non, bosser 90 heures durant 4 jours n’est pas vraiment humain), une expérience de vie qui marqueront à tout jamais les souvenirs, les pensées, les amitiés et évidemment l’expérience professionnelle. Le summum d’un Festival, ce sont aux yeux de beaucoup les quatre jours d’activités et de concerts, le point culminant de tant d’heures de travail qui lui ont été consacrées. Mais pour moi, perso, le summum est le moment juste après le Festival, la première soirée de détente où tout le monde redescend un peu sur terre, se regarde, discute et se dit « Purée (pour être polie), mais ce que c’était bien ! » et la fête, ensemble afin de préserver encore un peu plus longtemps cet esprit d’équipe qui a vécu une épopée monumentale. La musique est le cœur du Festival, certes, mais l’humain est le vecteur central, sans lequel rien de tout cela ne serait possible. Ah c’est beau un Festival, c’est bonnard, crevant, mais ce que c’est bon ! Sauf quand on rentre chez soi tout seul et le sentiment de vide envahi… C’est là que la suze revient en force et que ça fait du bien par où ça passe ! Le mieux aussi c’est de continuer sur la route des Festivals, peut-être m’entre-apercevrez-vous durant l’été… Mystère et boule de gomme !
En tout cas, le Caprices c’est bonnard, les collègues qui deviennent amis c’est bonnard, le travail c’est bonnard et la santé, et ce blog est vraiment, mais vraiment bonnard (z’avez vu Martin ou bien ?). Le mot de la fin ? Merci ! Euh non, bonnard !


